Allocution finale d’Alain Avello (Nantes, 13 juin 2014)

Allocution finale d’Alain Avello (Nantes, 13 juin 2014)

Merci beaucoup Géraldine, merci beaucoup Patricia pour la force et la pertinence de vos propos !

A travers ce que vous venez toutes deux d’énoncer, nous avons tous ressenti, je le crois,

à la fois la gravité de la situation dans laquelle notre système d’enseignement s’est enfoncé,

mais tout aussi bien votre foi, notre foi commune dans la possibilité d’un sursaut qui permettra son redressement !

Car nous refusons d’être de ces enseignants qu’évoquait Patricia qui, dépassés par la situation, aimeraient changer de métier, sans le plus souvent d’ailleurs s’y résoudre,

nous croyons au contraire que, oui, l’Ecole de la République peut être redressée, pour peu que soient réunies les conditions politiques de ce redressement, et tel était le sens du propos sur lequel Géraldine vient d’achever son intervention.

 

S’il dépend de conditions politiques, comme nous en sommes convaincus, que notre système d’enseignement soit restauré dans ses missions essentielles pour permettre à chaque jeune Français de trouver sa juste place dans la société, dans son bien individuel et, tout autant dans celui, collectif de la Nation,

il faut alors qu’une analyse aiguë ― et politique, elle aussi ― soi menée des causes qui ont conduit à la situation délétère que nous connaissons aujourd’hui,

il faut prendre l’exacte mesure des renoncements et des forfaitures dont, depuis bientôt quarante ans, se sont rendus coupables ceux qui ont conçu et mis en œuvre les politiques éducatives.

 

- Et il faut tout particulièrement voir dans la situation actuelle la conséquence ô combien délétère de l’idéologie égalitariste traditionnellement portée par la gauche.

Cette idéologie, dont le système scolaire a été, pour sa plus grande perte, le champ d’application, repose sur un invraisemblable contresens sur l’égalité.

Car l’égalité bien comprise est d’abord l’égalité des droits et des chances qui implique ― pour autant que des chances égales soient données à tous ― l’émulation par l’effort et la promotion par le mérite.

Et c’est au titre de cette juste conception de l’égalité que l’Ecole a pu autrefois atteindre l’objectif de « la sélection des meilleurs par la promotion de tous », pour reprendre l’heureuse formule de Paul Langevin, c’est-à-dire permettre l’ascension sociale selon les plus justes des critères : les efforts, les talents, le mérite, donc.

Or, c’est ne rien comprendre à l’égalité républicaine,

c’est même en perpétrer le détournement pur et simple que de nier, au nom d’une égalité comprise à contresens donc, les différences de compétences et d’aspirations qui pourtant, souvent, se manifestent précocement chez les enfants,

c’est, pis encore, interdire leur réalisation que de battre en brèche toute sélection, sans parvenir à comprendre que la « sélection des meilleurs » est autant nécessaire que légitime, pour autant qu’elle s’effectue par la « promotion de tous ».

 

Ainsi, au titre de l’égalitarisme, c’est-à-dire de l’égalité comprise à contresens, a-t-on mis en place, dans les années 70, le « collège unique » qui a condamné ceux des enfants qui se seraient réalisés et épanouis dans des filières manuelles et techniques à suivre le même enseignement que ceux davantage disposés à se réaliser dans le cadre des savoirs théoriques.

L’on a ce faisant, par égalitarisme donc, étouffé les compétences des uns comme des autres, interdit la réalisation des compétences de chacun, produit un échec scolaire massif, et nourri la violence scolaire qui en découle.

 

On a, par égalitarisme toujours et encore, prétendu conduire tous les jeunes au Baccalauréat : sous le prétexte égalitariste de n’opérer aucune sélection, on a permis à la quasi-totalité d’une classe d’âge d’obtenir un Bac de facto profondément dévalorisé, mais autorisant la poursuite d’études longues à l’université.

Ainsi, ce qu’a de profondément pernicieux le contresens égalitariste apparaît dans toute son ampleur :

une sélection autrement plus brutale et injuste, elle, dans les faits s’opère :

le taux d’échec en première année de Licence est massif et les étudiants qui obtiennent des diplômes universitaires, souvent largement dévalorisés eux aussi, sont pourtant tenus avec leurs parents dans l’illusion que leurs études leur permettront une meilleure réussite sociale qu’eux, lors même qu’ils ne parviennent pas à faire valoir ces diplômes sur le marché du travail !

 

L’égalitarisme, cette idéologie perverse traditionnellement portée par la gauche et l’extrême-gauche, a donc largement hypothéqué notre système d’enseignement.

Et pourtant, nos détracteurs persistent à nous taxer des qualificatifs les plus infâmants au prétexte que nous voulons réinscrire l’Ecole et l’Université dans la tradition de l’égalité républicaine en prônant le principe de la sélection juste qui en découle.

Je pense notamment ici à cet enseignant et militant d’extrême gauche, obscur auteur d’un ouvrage intitulé « Instruire pour révolter » ― tout un programme, n’est-ce pas ? ―, que je remercie au passage pour la multitude d’articles qu’il nous a consacrés,

mais on ne peut demander, il est vrai, à un militant d’extrême gauche tendance libertaire d’y voir bien clair quant aux fondamentaux de la République !

 

- Il serait toutefois partiel d’imputer le déclin de l’Ecole au seul égalitarisme, dont je crois avoir montré qu’il est la négation même de l’égalité.

Cette idéologie délétère ayant inspiré l’essentiel des politiques éducatives portées et mises en œuvre par la gauche, n’est pas la seule responsable du déclin auquel l’Ecole s’est trouvée acculée.

Celui-ci est tout autant imputable à l’inspiration ultralibérale et mondialiste ayant tout aussi bien orienté les politiques éducatives, surtout portées par les gouvernements de droites, celles-là.

Le mondialisme, cette idéologie qui insuffle dans les esprits l’illusion de ce que la mondialisation serait le sens-même de l’histoire, l’ « horizon indépassable » de l’humanité,

que l’attachement à la nation, à la patrie relèverait de cette inadaptation au monde tel qu’il va et de ces archaïsmes qu’il faudrait à toute force solder,

que l’individu humain n’aurait qu’un destin qu’il lui incomberait de pleinement accepter :

celui d’exister hors-sol, sans identité, pur apatride, y compris dans son propre pays, de n’être plus que ce « citoyen du monde »,

cet individu atomisé et flottant, sans identité ni attache, hormis sa soumission au consumérisme généralisé,

cet individu, si bien décrit par Gilles Lipovestki, qui ne se reconnait plus dans aucune appartenance collective, tant il est programmé à calculer égoïstement et froidement ses intérêts propres.

Eh bien l’Ecole, moyennant les politiques éducatives, a été requise par la logique mondialiste et ultralibérale : elle en a été le vecteur.

D’abord par l’abaissement du niveau d’exigence et des savoirs effectivement transmis, dont on se convaincra en considérant l’appauvrissement progressif que les programmes scolaires ont connu depuis une trentaine d’années :

on a ainsi progressivement condamné l’élève à l’ignorance !

Ensuite, et plus significativement encore, par le refus manifestement assumé de transmettre le patrimoine et la culture nationale :

- le français est tellement mal et tellement peu enseigné que beaucoup de jeunes sont aujourd’hui, pour ainsi le dire, exilés hors de leur propre langue !

- quant à l’enseignement de la géographie ou de l’histoire, ils maintiennent largement ces mêmes jeunes dans l’ignorance de ce qu’est leur pays, ses ressources et ses richesses, de même que ce que furent les pages glorieuses et les héros de son histoire : Napoléon et de Gaulle ont progressivement disparu des programmes, au profit par exemple, ineptie mondialiste, d’un empire africain du XIVe siècle !

- on a, plus généralement encore, prétendu placer l’élève « au centre du système », pour reprendre la tristement célèbre formule de la « loi Jospin de 1989 »,

le savoir étant quant à lui relégué à la périphérie ;

on a ainsi cessé de chercher à instruire l’élève, de lui permettre de s’élever en somme, en consacrant ses efforts à l’étude des savoirs qu’on ne lui a plus transmis,

on a préféré le solliciter dans sa spontanéité prétendument inventive.

De sorte qu’il n’est-il nullement exagéré de voir dans le système scolaire d’aujourd’hui cette « Ecole du Capitalisme total », pour reprendre la formule de Jean-Claude Michéa,

tant l’Ecole en est venue aujourd’hui à produire ces individus atomisés et flottants qui, du fait du peu d’instruction qui leur est dispensée, deviendront :

des salariés d’autant plus flexibles que peu qualifiés,

et de parfaits consommateurs, prêts à céder à toutes les pressions qu’exerce sur eux la société du marché généralisé.

 

On le voit bien les deux lignes idéologiques,

celle égalitariste, traditionnellement portée par la gauche,

et celle ultralibérale, caractérisant plutôt la droite,

ont orienté et dicté les politiques éducatives menées depuis près de 40 ans,

politiques auxquelles est imputable la situation désastreuse dans laquelle se trouve aujourd’hui notre système d’enseignement.

Elles ont chacune été le vecteur de l’autre, se sont intriquées sous l’égide de leur dénominateur commun : l’idéologie mondialiste !

On le voit donc bien en matière d’éducation comme en toute autre nos maux sont l’œuvre commune de la gauche comme de la droite, de l’UMP comme du PS !

 

L’impératif absolu est donc de rompre avec ces politiques scolaires, et d’en finir une bonne fois pour toutes avec leurs délétères orientations !

Il en va de l’avenir de notre jeunesse, de celui de notre Ecole républicaine, et donc de la France !

Et c’est bien pourquoi, la nature de l’engagement qui est celui du Collectif Racine est intrinsèquement politique,

car, et nous en avons l’absolue conviction, ce n’est qu’à la faveur d’un changement politique radical que deviendra possible le redressement de l’Ecole que nous appelons de nos vœux et auquel nous travaillons !

C’est en effet « par le haut » qu’il sera permis à notre Ecole de se retrouver elle-même et de renouer avec ses missions essentielles,

c’est sous la condition nécessaire de la volonté politique sans faille  qui en fera sa finalité, en restaurant l’Etat dans sa souveraineté.

Et cette volonté politique sans faille, nous le savons, est incarnée par Marine Le Pen !

Marine Le Pen, présidente du Front National et du Rassemblement Bleu Marine, dont le Collectif Racine est l’une des composantes, est l’incarnation manifeste de cette volonté politique inébranlable, qui est en phase directe avec l’intérêt généra du peuple français !

 

Ainsi oriente-t-elle notre engagement politique qui est, tout aussi bien, un engagement en faveur de l’Ecole de la République !

C’est en effet parce que nous sommes amoureux de l’Ecole autant qu’amoureux de la France, que nous voulons redresser la première pour que vive la seconde : pour que la France se retrouve ! Car c’est de toute évidence l’avenir collectif d’une Nation, autant que celui des individus que celle-ci lui confie, qui est en jeu dans son Ecole !

 

Nous avons donc commencé et avons vocation à rassembler toujours plus largement les personnels de l’enseignement et de l’éducation qui sont animés par ce même indéfectible attachement à l’Ecole comme à la France,

et c’est de plus en plus nombreux que les enseignants patriotes nous rejoignent !

Ne nous y trompons pas : dans ce milieu aussi, il y a des réserves illimitées de patriotisme,

simplement subissaient-elles jusqu’à présent une forme de terrorisme idéologique, et nombre de pesanteurs qui en interdisaient l’expression. Nous faisons céder ces résistances l’une après l’autre !

Non ! l’extrême-gauche libéralo-mondialiste n’exerce plus son monopole idéologique dans les salles des professeurs, car les patriotes que nous sommes, à présent s’y trouvent et sont prêts pour beaucoup à l’assumer ! Et cela ne fait que commencer !

Parallèlement, des personnalités de référence n’hésitent plus à exprimer publiquement la proximité qu’elles ressentent à l’égard des positions et des propositions qui sont les nôtres :

nous avons en particulier apprécié à sa juste valeur le récent article du « Point » où Jean-Paul Brighelli, une référence dans le monde de l’éducation, auteur notamment de l’excellent livre « La Fabrique du crétin », reconnaît le bon sens et le bien fondé du projet que nous portons.

Assurés de cette proximité, nous avions déjà lancé, en décembre dernier, un appel en direction de ce Monsieur, et avons donc accueilli sans surprise, mais avec satisfaction le fait qu’il finisse par parcourir une bonne part du chemin qui le séparait de nous !

Eh bien, Monsieur Brighelli, je vous adresse ici, depuis Nantes,  un nouvel et amical appel :

le Collectif Racine vous tend la main pour que vous franchissiez le peu de distance qui reste :

nul doute que vous trouverez à nos côtés la possibilité traduire en un engagement concret, avant de les traduire en actes effectifs, les analyses et positions que nous partageons !

 

Tout cela, vous l’aurez compris, mes chers amis, est extrêmement encourageant :

les attentes auxquelles il s’est avéré que nous répondions chez les enseignants et, bien au-delà, chez les parents d’élèves très souvent conscients des maux dont souffre l’Ecole,

auxquels  s’ajoutent bien sûr les succès électoraux que connaît notre mouvement politique,

tout cela doit nous inciter à poursuivre et à amplifier notre implantation

et, parallèlement, à développer et à approfondir le travail de fond que nous avons entrepris afin d’analyser l’ensemble des dysfonctionnements compromettant notre système d’enseignement, et pour le redresser effectivement, lorsque nous accèderons aux responsabilités !

 

Les enseignants patriotes doivent se rencontrer, pour échanger, réfléchir ensemble et travailler de concert en partageant leur expérience et en unissant leurs compétences.

Les sections départementales que nous avons entrepris de mettre progressivement en place,

dont celle de Loire-Atlantique que nous inaugurons aujourd’hui, en fourniront le cadre,

et je sais, pour en avoir pris largement connaissance, combien est vive ici, à Nantes, à Saint Nazaire aussi, l’envie de la part de nos adhérents de participer à cette tâche d’autant plus passionnante qu’elle s’inscrira dans l’histoire,

par les contributions que nous apporterons au programme présidentiel de Marine Le Pen pour l’élection de 2017 !

 

J’adresse alors tous mes vœux à la nouvelle section du Collectif Racine !

 

Vive le Collectif Racine !

Vive l’Ecole de la République !

Et vive la France !

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