« TIMSS ou le désarroi de trop », par le Collectif Racine de la Loire

« TIMSS ou le désarroi de trop », par le Collectif Racine de la Loire

 

TIMSS ou le désarroi de trop

Collectif Racine de la Loire

 

Suite à la parution des résultats de l’évaluation internationale TIMSS (Trends in International Mathematics and Science Study) on entend bien des commentaires sur les résultats en mathématiques des écoliers français de CM1 qui prennent la dernière place du classement (cf. tableau infra). Les médias témoignent majoritairement à cette occasion de leur méconnaissance de ce type de test, du système scolaire en général et de leur allégeance à telle ou telle idéologie en particulier. S’appuyer sur trois axes bien repérés, les savoirs, les enseignants, les élèves, permet les mises au point suivantes :

Premier constat:
Les élèves testés ont tous vécu une scolarité dans le quinquennat Hollande, n’en déplaise à madame la ministre. Il y a 5 ans, ils étaient en grande section de maternelle ! La «droite» n’a donc rien à voir avec cette cohorte, même si les résultats de tests précédents n’étaient guère meilleurs.

Deuxième constat:

La question des moyens de l’Éducation nationale ne se pose pas, Les moyens sont là. Ou alors nous n’avons pas bien entendu les propos récents de la ministre sur la réalisation des promesses de Hollande concernant les 60 000 postes en cinq ans.

Troisième constat:

On fait porter la responsabilité sur les professeurs, jugés peu compétents, aux programmes pas adéquats, aux méthodes pas adaptées. Ce débat a lieu depuis des décennies. La chute se poursuit, malgré les changements (trop) fréquents de tous ces paramètres par les gouvernements successifs !

Ces aspects ont certainement un impact combiné et peuvent, en partie, expliquer l’échec massif constaté, mais cela n’est pas suffisant.

Il faut alors tenter une autre hypothèse politiquement incorrecte : si les enfants (ce qui est un peu différent des élèves) étaient en cause. Le souci parental de ne pas générer de conflit familial et de ne poser de ce fait aucune contrainte éducative, induit des comportements d’enfant-roi, tyran parfois, ne donnant aucun sens à l’école. On peut relever des causes diverses et parfois cumulées, ceci quelque soit la catégorie socio-professionnelle :

-télévision dans la chambre avec horaire non contrôlé. On entend souvent dans les cours d’école élémentaire et même maternelle les petits raconter l’émission de télé réalité de la veille ou mieux, le film du soir qui ne leur est pas destiné !

-consoles en tous lieux et en tous temps avec des jeux inadaptés et violents ;

-sommeil insuffisant, alimentation aléatoire, etc.

Si les conditions de vie peuvent être à l’origine de ces dérives, elles n’expliquent pas tout pour autant.

Autre aspect politiquement plus incorrect encore, la masse grandissante d’enfants issus de l’immigration, qu’ils soient arrivés récemment en France ou présents de longue date, et qui ne développent pas les savoirs attendus. Les familles, parfois très éloignées du fait scolaire, parlent au quotidien leur langue natale et sont équipées des technologies actuelles diffusant les programmes dans cette même langue. Les enfants ne parlent et n’entendent donc le français qu’à l’école. Si l’on ne peut leur reprocher ce mode de vie, il faut malgré tout en intégrer les conséquences dans les capacités à apprendre de nombres d’élèves.

Tout ceci est statistique bien sûr : nombre de familles font leur job, dans les beaux quartiers comme dans les barres d’HLM. Mais les résultats de TIMSS sont également statistiques. Ils portent sur un échantillon représentatif d’élèves de 10 ans. Et ce qui ressort, c’est que très majoritairement les petits français sont très mal avec les mathématiques, comme ils le sont d’ailleurs avec la lecture (voir les résultats de l’évaluation PIRLS 2011- Progress in International Reading Literacy Study) ou avec l’orthographe (DEPP – n°28 Novembre 2016).

Les très bons élèves sont toujours là et tiennent le haut du classement, mais ils sont peu. L’écart est abyssal avec les élèves les plus en difficulté et ceux-là sont de plus en plus nombreux. La tranche intermédiaire est pratiquement absente, d’où ces résultats catastrophiques.

Enfin, il faut évoquer ici les incitations inquiétantes de l’institution scolaire elle-même à ne pas faire d’efforts. La suppression des devoirs à la maison, la dramatique disparition de la note, l’illisible évaluation par compétence constituent, entre autres, des facteurs aggravants.

Alors il faut sans doute ternir l’ensemble de ces paramètres mais en restant attentif à ne pas tomber dans l’utilisation d’éternels arguments fallacieux ou la désignation de sempiternels coupables.

Au travers du projet de Marine Le Pen, le Front National préconise des programmes adossés aux fondamentaux, et les mathématiques en font partie. Calcul automatisé, construction du nombre, géométrie et mesures, élaboration et résolution de problèmes ; ceci n’est pas nouveau mais c’est fondateur d’une scolarité réussie si c’est enseigné quotidiennement. Pour l’élève il s’agit d’apprendre, de s’entraîner, d’être évalué et d’être noté. Pour l’enseignant il s’agit de faire manipuler, d’expliquer, de transmettre les savoirs stabilisés et de mesurer les acquis. Pour les parents, il est question d’accompagner au mieux les enfants autour de devoirs à la maison réguliers et raisonnables, tissant le lien indispensable entre la famille et l’école.

timms

 

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